samedi 23 mai 2015

PANAMA: les transports et un peu de tout!

Hier, on a rendu la voiture de location. On l'avait loué pour 2 semaines. A deux, le prix est correct et l'essence n'est pas pas cher (0,8 dollars/litre). Après plusieurs mois de bus, c'est agréable d'être libre de se déplacer où on veut, quand on veut.


Le côté négatif, c'est que du coup on s'organise moins et on a un peu galéré car beaucoup d'auberge de jeunesse étaient fermées (début de la saison basse). Enfin, ça fait parti du jeu! On a aussi découvert plein d'endroits, vu beaucoup de plages dont playa Guanico où je pense passer les dernières semaines de mon trip à surfer.
Les routes sont très bonnes. Déjà, il y a la Panaméricaine (autoroute) qui traverse le pays et les routes secondaires sont excellentes (meilleures qu'en France même). 
Une route paumée et parfaite.

Il y a juste une route pour aller à Mariato qui était mauvaise avec des nids de poule tous les 100 mètres. Là, c'est vite saoulant surtout quand ça dure 50 km. Mais bon Mariato c'est paumé!

Quand on ne veut pas de déplacer en voiture, il faut prendre le bus. Il y en a des centaines au Panama car il n'y a pas de transports publiques (sauf à Panama city où il y a le métro et des bus de villes). Ce qui est bien avec les bus c'est que ça ne coûte pas cher et on peut aller absolument partout.
A Panama city, il y a un immense terminal d'où partent tous les bus. C'est très pratique surtout que le métro va jusqu'au terminal. A San José (Costa Rica) par exemple, il y avait plusieurs stations réparties dans la ville. Un peu galère quand on a une connexion à faire.
Pas de ça ici! C'est très bien organisé: il y a un guichet pour chaque destination et des salles d'attentes.

Le hall du terminal.
Il y a toutes sortes de bus: chicken bus (ancien bus scolaire américain) décorés et tunés, bus de voyages, mini-bus (Toyota Coaster) et même vans.
Les chicken bus.

Sinon à côté du terminal , il y a un énorme centre commercial. J'avais jamais vu ça! J'ai mis au moins 1/2 heure pour le traverser. Toutes les grandes marques ont un magasin (voire même 2 pour certaines). J'ai aussi compté 3 McDo!!!
Ce qui est marrant c'est qu'en France, je déteste les centres commerciaux. Mais là, bizarrement, quand tu passes des semaines entières dans des villages où il n'y a rien à acheter (ou presque), ça fait plaisir d'avoir autant de choix! Et puis, les centres commerciaux sont climatisés donc quand il fait 35°C dehors, tu n'es pas mécontent d'y passer une heure pour avoir un peu de répit (je comprends les Quataris). 
J'ai rien acheté car tout ce que j'achète je dois le porter sur mon dos. Par contre, les jeans Levis sont à 55 euros. C'est pas cher par rapport à la France.
Quelques photos:








dimanche 10 mai 2015

PANAMA: traversée du canal en tant que Line Handler

Une des choses que je voulais absolument voir au  Panama, c'était le canal! C'est possible de visiter certaines écluses ou encore de faire un tour en bateau mais bien sûr ça ne donne qu'un aperçu et ça ne remplace pas une véritable traversée.
En me renseignant un peu, j'apprends qu'on peut être "line handler" (littéralement: celui qui tient les amarres) sur les bateaux de plaisance qui souhaite passer le canal. En effet, sur chaque bateau, il faut au moins 4 équipiers pour récupérer et attacher les amarres sur le bateau.
Les bateaux qui n'ont pas d'équipiers doivent embaucher des Panaméens (100 dollars/équipier).
Je trouve un site qui décrit bien ce qu'est une traversée du canal et le boulot de line handler (www.panlinehandler.com) et sur lequel on peut s'inscrire pour proposer ses services en tant qu'équipier. Je m'inscris sans trop y croire et me disant que je pourrai toujours aller faire un tour dans les marinas de Panama city pour essayer de trouver un bateau.
Environ une semaine après alors que je suis à Santa Catalina, je reçois un mail me demandant si je suis dispo pour traversée sur un catamaran. Après quelques échanges, c'est réglé, je pars pour Panama City où je dois rejoindre le bateau le mardi 5 mai à 16h00.
Je passe une nuit à Casco Viejo, le quartier colonial de Panama city. Je visite un peu.






Le mardi après-midi, je prends un taxi pour aller à la marina La Playita. J'avais déjà eu une mauvaise expérience avec un taxi au Nicaragua (le gars était complètement dingue!) et là encore, je demande 2 fois le prix, le gars ne réponds pas et fait semblant d'être occupé avec sa radio et ça ne rate pas, une fois arrivé, il me demande 15 dollars!
A l'auberge, il m'avait dit dans les 5 dollars donc je lui dit qu'il doit se tromper mais il insiste. Je lui dit qu'il n'aura pas plus de 5 dollars et je lui tends un billet. Il s'énerve et me dit qu'il va appeler la police. Sauf que j'avais remarqué qu'il y avait un policier sur le parking et j'étais près à lui demander de l'aide justement. Le policier arrive, il  y aussi un militaire qui débarque et là, miraculeusement, le prix passe à 10 dollars. Je paye (même si je pense que c'était bcp trop cher) car je n'ai pas envie de m'éterniser. Je commence quand même à parler un peu espagnol donc j'explique au policier ce qui s'est passé et je demande au chauffeur pourquoi il m'a demandé 15 au lieu de 10. Il  bredouille 3 mots , l'air gêné. Bref, les chauffeurs de taxi sont tous des voleurs! 
Comme le bateau n'est pas encore là, j'attends sur une terrasse en regardant un match de Champion's league: Inter Milan - Real Madrid. Le militaire est là avec un collègue. Il me salue et me demande pour qui je suis. Euh... ne pas dire de bêtises. Le Real? "Moi, aussi!" me répond-il. Ouf!!!
Le catamaran arrive à la marina pour faire le plein d'eau. C'est un Perry 43 (construction australienne) d'une dizaine d'année. Il appartient à Breandon et Cathy, un couple de retraité du Missouri qui navigue depuis une quinzaine d'année. Il sont accompagnés de Jay Jay, un retraité canadien qui fait équipier depuis le Mexique. En effet, ils arrivent du Mexique et vont traverser le canal pour hiverner le bateau dans le Rio Dulce (Honduras) et ensuite le ramener en Floride en octobre.
Je suis très bien accueilli. Breandon me fait faire le tour du bateau. Jay Jay est un comique. On mange des superbes steacks au barbecue avec du vin rouge. On organise la journée du lendemain et au lit tôt.

Le mouillage de la Playita


Le mercredi, levé à 6h00. Jay-Jay va récupérer le 4ième équipier Panaméen à la marina. Ensuite, on lève l'ancre et on attends près du chenal d'entrée. L'advisor (celui qui va diriger les opérations et guider le skipper) arrive vers 10h00. Il s'appelle Edward et travaille pour le canal. Par contre, Advisor ce n'est pas son travail, c'est juste en plus et il le fait volontairement. Son vrai métier c'est de piloter la barge qui drague le canal.
Votre serviteur
Edward, l'advisor.
Le skipper: Breandon
Eric
Cathy
Après quelques explications, on entame la remontée du canal pour atteindre la première écluse, Miraflores. Il y a 2 autres voiliers avec nous, deux monocoques.
Supertamp 3 est un ancien voilier de course/croisière, skipper par Alan un Australien de 70 ans qui a fait la traversée Nouvelle-Zélande-Chili en solo. Il a déjà 5 tours du monde au compteur et a travaillé dans le milieu de la voile. Il a notamment été boat-captain des maxi-yacht RAGAMUFIN (http://teamragamuffin.com/) qui participe à la mythique course Sidney-Hobart. Il a toujours plein d'histoire à raconter.
Supertamp 3

Bomika est un Bavaria qui appartient à un couple d'allemand qui navigue depuis 7 ans.

Pour passer les écluses, on va former un radeau. Notre bateau étant le plus grand et ayant les moteurs les plus puissants, on sera au centre, les autres amarrés sur les côtés.
On commence à "remonter" le canal jusqu'à l'écluse de Miraflores (2 chambres). On passe sous le pont des Amériques.

On passe le port de contener de Balboa.

Puis on forme le radeau un peu avant l'écluse. Pour cela, on met une bonne dose de pare-battages et on utilise 3 amarres. Ça sera en fait à peu près mon seul boulot car étant le bateau du milieu, on n'a pas besoin de s'amarrer pour le passage des écluses.

On arrive à l'entrée de Miraflores.

Les line-throwers nous lancent des petits bouts lestés depuis le haut de l'écluse. Il faut ensuite les nouer à nos amarres et ensuite reprendre ou laisser du mou en fonction de la hauteur d'eau dans l'écluse. Rien de bien compliqué mais il faut surveiller la tension pour ne pas mettre le radeau en travers dans l'écluse. Enfin,  l'advisor s'occupe de surveille tout ça!

Une vidéo pour vous montrer:


Une fois les portes fermées, l'eau monte à une vitesse impressionnante (il y a des tuyaux dans le fond de l'écluse).
Les gens nous observent et nous applaudissent depuis le centre des visiteurs.

Les locomotives qui tractent les cargos. Moteur Mitshubishi mais assemblées au Panama (toutes les infos viennent de Edward qui est intarissable sur le Canal).

Le niveau est monté, on peut passer dans la deuxième chambre.

On fait un mile au moteur, sans défaire le radeau, et on arrive à la seconde écluse: Pedro Miguel (une chambre).

Ensuite, on entre dans le lac Gatun. On défait le radeau et on fait plusieurs heures de moteur pour arriver jusqu'au mouillage où on va passer la nuit. Demain, on passera l'écluse Gatun (3 chambres) pour redescendre au niveau de la mer des Caraïbes (27 mètres plus bas).
Sur le chemin, on croise énormément de cargos (environ 40 traversée par jour) de toutes sortes.
C'est carrément copié sur la Seine et le pont de Normandie. Abusé!



On passe devant la prison de haute sécurité où est enfermé le célèbre dictateur Noriega.

Noriega, ça me fait toujours penser à un groupe de rap américain: Capone & Noreaga.

Le mouillage, enfin! On a mérité une bière bien fraîche et un bon repas vu les efforts surhumains qu'on a fait.

Le lendemain matin, je me reveille le premier vers 6h30. Je sors pour faire un petit pipi. Le lac est un miroir, tout est calme. Des cargos sont arrivés pendant la nuit et attendent au mouillage.


Comme l'advisor ne doit pas arriver avant 13h00, on a le temps de se baigner. Il faut juste ne pas penser qu'il y a des crocodiles.
Breandon est un très bon nageur. Il a détenu le record universitaire de son état, en nage papillon, pendant 10 ans. Il est aussi médaille d'or des Olympiades senior (de son état aussi). Il est super motivé pour organiser une "compèt". On fait donc un relais autour des bateaux. Supertramps 3 contre Wavelength. Malgré une lutte acharnée, on perd! 
Ensuite, on fait une course entre les meilleurs nageurs: un jeune Panaméen, Breandon et moi. 100 mètres en crawl. Je prends un départ tranquille et reste derrière eux jusqu'aux derniers 20 mètres ou j'accélère pour remporter une victoire éclatante! Eh oui, j'ai la forme en ce moment.

L'advisor arrive, on reprend la route et on reforme le radeau. Il y a un grand voilier-école de la marine mexicaine qui attends aussi. Je le connais bien, il vient à l'Armada de Rouen. 

En approche de la dernière écluse.

Ce qu'on espérait arrive, le bateau-école passe l'écluse en même temps que nous. C'est impressionnant!




Ce coup-ci, on descend donc on a une belle vue sur Colon.

Après avoir passé l’écluse, on passe devant Colon pour aller à la marina Shelter Bay située en face.

On s'amarre et on range un peu le bateau puis on fait un bon repas. Je repartirai le lendemain à 8h00 avec la navette gratuite qui va à Colon (la ville la plus dangereuse du Panama!) et ensuite direct dans le bus pour Panama city.
C'était une superbe expérience. J'ai rencontré des gens supers, Breandon et Cathy sont tous le contraire des clichés qu'on peut avoir sur les Américains. J'ai vraiment appris pleins de choses grâce à Edward, j'en ai pris plein les yeux. Bref, je suis heureux.
Et ça fait plaisir de retourner sur un bateau. Je n'avais pas navigué depuis la transat mais c'est vraiment agréable de vivre sur l'eau (même si on a pas navigué à la voile - interdit sur le canal).

Nicaragua: jour 3 à 8

Quelques précisions sur l'île d'Ometepe.
Sa particularité est donc de se trouver sur un lac d'eau douce et d'avoir 2 volcans (dont un encore en activité). C'est une destination touristique du Nicaragua mais on est loin du tourisme de masse, ça reste roots et il n'y a pas beaucoup d'infrastructure. En gros, il y a une route pavée (et encore pas partout!) qui fait le tour de l’île. Il y a 2/3 bus par jour qui passe sur cette route. 
On est à la fin de la saison sèche et les paysages sont particulièrement secs. Il n'y a pas d'herbe et donc beaucoup de poussière. Les animaux de toutes sortes se baladent en liberté sur les routes ou les plages. 
Il fait aussi très chaud et il y a énormément de vent. J'ai pas bien compris comment ça marchait: des fois c'était la nuit, des fois le matin, d'autres l'après-midi... En tout cas, il souffle très fort!

Donc le jeudi matin, on prend la direction de Mérida, au sud de l'île. C'est vraiment le bout du monde, la route se transforme en piste. A Mérida, il n'y a pas grand-chose: une ou deux petites épiceries, 2/3 restos et des logements pour touristes. 
On va à l'hacienda Mérida, une auberge de jeunesse qui est plutôt grande et bien organisée.


Le coucher de soleil qu'on peut admirer depuis le ponton tous les soirs.